Un parking de supermarché où l’on zone. Un beffroi qui sonne par habitude. Une chapelle oubliée, un néon “open” d’un night-shop fermé. Deux silhouettes traînent, mobylette en panne.
Dragón – prononcez dragonne –, est une épopée de trottoirs et de places communales. George, fille de chevalier, et Lorenzo, son ami-écuyer, avancent sans hâte. Jogging, armure de fortune, Peugeot 103 : tout tangue joyeusement. Il est question de courage à retrouver, de dragons à nommer (ou pas), de pièces détachées et d’errances collectives.
Le public, casqué, les suit dans une déambulation absurde, tendre et un peu bancale – comme une visite guidée d’un monde parallèle. La ville devient un terrain de jeu. L’héroïsme prend l’eau, mais jamais l’élan.
L’écriture, signée de l’auteur montois Axel Cornil, se réinvente avec le territoire : elle se transforme, joue du folklore, trafique de l’épique. Une aventure qui interroge les assignations sociales et les lieux qui prétendent nous définir.
Inspiré par Don Quichotte, la logorrhée de Deleuze et le cinéma de Bruno Dumont, Dragón dégonfle les grands récits pour mieux faire place à une épopée douce, poétique et partagée.
MISE EN SCÈNE ET ÉCRITURE
Axel Cornil
INTERPRÉTATION
Maya Lombard et Benoît Janssens
REGARDS EXTÉRIEUR
Valentin Demarcin, Sara Selma Dolorès, Meryl Moens
PRODUCTION ET DIFFUSION
Meryl Moens